Artistes

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Piet Mondrian

Observer dix œuvres permet de suivre concrètement Mondrian du paysage néerlandais à la fragmentation cubiste, au néoplasticisme puis au rythme de New York.

Vie
1872–1944
De Stijl
Revue fondée en 1917
Terme de l’artiste
Neo-Plasticism / néoplasticisme
Sélection visuelle
10 œuvres, vers 1903–1941
Rédaction Art AbstraitRévisé le 15 août 202615 sources référencées

Portrait photographique

Portrait photographique en noir et blanc de Piet Mondrian, publié en 1922.
Portrait de Piet Mondrian publié dans De Stijl

Piet Mondrian, photographie anonyme publiée dans De Stijl en décembre 1922.

Photographe
Photographe anonyme
Date de la photographie
1922
Institution
Wikimedia Commons
Attribution
Photographe anonyme, portrait de Piet Mondrian, publication dans De Stijl, décembre 1922, via Wikimedia Commons.
Statut des droits
PDM

Avant la grille

La grille n’est pas le point de départ de Piet Mondrian. Le MoMA présente un artiste néerlandais né en 1872 et mort en 1944, dont les premières étapes se déroulent aux Pays-Bas. Les deux premiers tableaux de la galerie le rendent immédiatement visible. Eastside Mill along the River Gein by Moonlight, vers 1903, organise encore un lieu : un moulin, une rive, un horizon bas et une lumière nocturne. Windmill with Summerhouse II, vers 1906, reste figuratif, mais la masse sombre du moulin et les bandes horizontales du paysage imposent déjà une forte charpente.

L’étude de dunes et de mer de 1909 change la vibration de la surface. De petites touches colorées dispersent la lumière et rendent les contours moins stables. Deux ou trois ans plus tard, Still Life with Gingerpot I accumule plans, objets et ruptures d’angles. Pour comparer ces quatre images, il ne faut donc pas chercher une disparition régulière du sujet. Il vaut mieux observer comment l’horizon, les contours et les volumes deviennent progressivement des problèmes de construction.

Le cubisme comme charnière

La rétrospective du MoMA relie la découverte du modernisme français aux expériences cubistes de Mondrian. Still Life with Gingerpot I garde des objets reconnaissables, mais les imbrique dans un réseau de directions. Dans Tableau No. 3, Composition in Oval de 1913, le motif se fragmente davantage : les lignes courtes et les plans clairs ou ocres sont contenus dans une forme ovale. L’image ne se lit plus comme une fenêtre ouverte sur une pièce ; elle fonctionne comme une surface dont chaque partie pèse sur les autres.

Composition in Line, datée de 1916–1917, pousse ce déplacement sans adopter encore les larges rectangles colorés associés à la maturité de l’artiste. Des segments noirs, verticaux et horizontaux, ponctuent un fond clair. Certains se croisent, d’autres restent isolés. Le passage est utile à voir parce qu’il évite un raccourci fréquent : Mondrian ne saute pas directement d’un moulin à une grille noire. Il expérimente la fragmentation, l’ovale, puis une distribution de signes élémentaires.

De Stijl et le néoplasticisme

Le MoMA situe en 1917 la fondation de la revue De Stijl. Le terme désigne un contexte collectif, pas un autre nom pour Mondrian. La page institutionnelle associe ce contexte à l’abandon de la représentation naturaliste, aux lignes droites, aux plans rectangulaires et aux couleurs primaires. Checkerboard Composition with Dark Colors de 1919 montre pourtant que ce vocabulaire ne se réduit pas encore à quelques grands aplats : une multitude de cases rouges, bleues et orangées produit une densité presque textile.

Mondrian appelle Neo-Plasticism l’évolution de son langage abstrait. La Composition de 1921 et Composition en rouge, bleu et jaune (B217) de 1930 permettent de mesurer l’écart avec le damier de 1919 : les surfaces s’agrandissent, les intervalles deviennent plus inégaux et quelques couleurs suffisent à tendre l’ensemble. Cette économie n’est pas une formule automatique. Le MoMA insiste au contraire sur une modulation intuitive et manuelle. Largeur d’une ligne, proportion d’un rectangle et place d’un blanc se répondent plutôt qu’ils n’appliquent un quadrillage uniforme.

Paris face à New York

La rétrospective distingue Paris de 1919 à 1938, Londres de 1938 à 1940 et New York de 1940 à 1944. La composition de 1930 appartient donc à la période parisienne. New York City 3, œuvre inachevée de 1941, remplace la domination des bandes noires par un réseau de lignes rouges, jaunes, bleues, grises et blanches. Les directions restent orthogonales, mais la couleur circule désormais dans les lignes elles-mêmes et multiplie les croisements.

L’état inachevé rend aussi le travail matériel plus lisible : certaines bandes paraissent posées, déplacées ou interrompues. Ce constat rejoint la description d’un processus manuel et intuitif. Il aide à comprendre New York comme une nouvelle organisation du rythme, et non comme l’application tardive d’une recette parisienne. Les choix documentés dans l’atelier de 1943–1944 — couleurs primaires, noir, gris et blanc, sans courbes ni diagonales — prolongent cette recherche.

Comparer dix œuvres

La galerie est classée chronologiquement. Pour la lire, commence par repérer ce qui organise chaque surface : horizon et masses dans les moulins, touches dans les dunes, plans imbriqués dans la nature morte, fragments dans l’ovale, segments dans Composition in Line, cases dans le damier, puis grands rapports orthogonaux et lignes colorées. Cette méthode produit une histoire visible, sans prétendre que chaque tableau annonce mécaniquement le suivant.

Regarde ensuite les vides. Ils passent d’un ciel ou d’une étendue d’eau à des intervalles internes qui séparent et équilibrent les formes. La comparaison devient alors plus précise qu’un simple récit allant du « figuratif » vers « l’abstrait ».

Une précaution reste indispensable pour les compositions de 1930. L’image reproduite ici correspond à l’objet B217 du Kunsthaus Zürich, inventaire 1987/0028, après comparaison avec la fiche officielle du musée. Elle ne doit pas être confondue avec B219, répétition distincte intitulée Composition no. II par le catalogue RKD et conservée dans une collection privée. Les titres voisins ne permettent jamais d’échanger images, dimensions ou provenances. Le cartel visible sous chaque reproduction fait donc partie de l’analyse, au même titre que les formes.

Sources

Quatre panneaux montrent le passage du paysage à la fragmentation, à l’équilibre orthogonal puis au rythme new-yorkais.
Du paysage au rythme : quatre étapes chez Mondrian

Quatre repères visuels pour comparer les transformations du parcours de Mondrian, sans reproduire ses œuvres.

Création
Rédaction Art Abstrait
Date de création
Date non documentée
Institution
Institution non applicable — création éditoriale originale
Attribution
Infographie originale — Rédaction Art Abstrait
Statut des droits
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